Lutte contre la pauvreté : 3 bonnes idées de l’Ancien Testament

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Un sage chinois disait : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ». Malheureusement, on donne souvent aux affamés de l’argent (pour acheter sa boîte de thon ?), et non des cours de pêche… L’assistanat n’est pas la seule manière, et sûrement pas la meilleure d’aider les plus miséreux.

Supprimer la misère, réduire les inégalités entre riches et pauvres… C’est un des objectifs de certains politiques ambitieux, et, de manière générale, de ceux qui veulent améliorer notre monde. Noble cause ! Malheureusement, même sous les plus beaux jours du marxisme, les observateurs et critiques attentifs ont bien remarqué que cet idéal demeurait utopiste.

Malgré les récentes avancées et le travail de toutes les ONG en faveur des plus démunis, on constate que les plus riches sont de plus en plus riches, et les plus pauvres… de plus en plus pauvres[1]. En France[2], comme ailleurs.

Devant ce constat, la Bible est riche d’enseignement, et notamment le Pentateuque. À l’époque, les inégalités existaient déjà, mais les nécessiteux avaient différentes manières de vivre et de surmonter une période difficile. Voici trois idées issues de l’Ancien Testament, qui veulent promouvoir la responsabilité personnelle.

  1. Le droit à la propriété

Cette première notion est reprise dans l’article 17 de la déclaration universelle des droits de l’homme, qui déclare :

  1. Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété.
  2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

En France, même si tous ont droit à la propriété, certains n’en ont pas les moyens. Et nos gouvernements qui taxent abusivement les successions n’arrangent pas les choses…

Dans le Lévitique, la personne ruinée qui vendait sa propriété pour payer ses dettes avait l’assurance de la retrouver… 50 ans après, pour l’année du jubilé[3] (pour sa retraite, en somme !). Et admettons qu’il meure, ses enfants disposaient d’un endroit pour dormir au moment du jubilé. Nouveau jeu, nouvelle donne.

Comment réconcilier ce droit à la propriété avec les vagues de réfugiés qui arrivent sur nos terres ? Faudrait-il leur attribuer, avec leur carte d’identité ou leur droit de séjour, quelques mètres carrés de terrain cultivable, des graines et quelques poules ? Et pourquoi pas ? Si on trouvait une façon équitable de leur concéder une parcelle de terre, ils pourraient au moins cultiver leur nourriture, et pour les plus bricoleurs, se fabriquer une maison sans craindre l’expulsion. Au moment où certains bobos partent faire du Wwoofing[4] dans les Andes argentine, pourquoi ne pas promouvoir un retour à la terre bien français, mais aussi social, pratique et équitable ?

Labourage et pâturage ont été pendant des siècles les mamelles de la France, ne les enterrons pas trop vite ! Donnons aux plus démunis un endroit pour vivre et travailler.

 

  1. Le droit de glanage

Le droit de glanage du Pentateuque est le suivant : « Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton champ sans le moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. Tu ne cueilleras pas non plus les grappes restées dans ta vigne, et tu ne ramasseras pas les grains qui en seront tombés. Tu abandonneras cela au pauvre et à l’étranger »[5]

Il est bien illustré dans l’histoire de Ruth[6]. Cette jeune femme arrive dans un pays étranger, et pour nourrir ses proches, elle passe derrière les moissonneurs pour récupérer des kilos d’orges et de froment.

Plus près de chez nous, des observateurs ont remarqué qu’à Saint-Denis, avant les fêtes maliennes, dans les foyers d’immigrés de la ville, les chats de gouttières devenaient de plus en plus rares… Et que les champs de maïs mitoyens étaient saccagés ! Voilà un glanage légèrement abusif, mais le principe est bien là. À remettre au goût du jour dans les zones rurales ?

On trouve déjà en France une sorte de glanage autorisé.[7] Et la loi du 3 février 2016 sur la redistribution des invendus alimentaires aux associations humanitaires montre que l’enjeu a été compris, et qu’un « glanage moderne » est possible. Mais il y a sûrement encore matière à légiférer sur le gaspillage alimentaire, dans les boulangeries, les restaurants ou encore les usines alimentaires. C’est toujours désolant de voir des gens fouiller dans les poubelles pour se nourrir…

Comme l’encourage la Bible, donnons aux plus démunis des opportunités de se nourrir s’ils ne peuvent pas travailler.

 

  1. Le droit à l’esclavage

Après le choc que cet oxymore a sûrement provoqué en vous, examinons la question calmement. Nous avons tous appris que « nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude »[8], et le mot esclavage aujourd’hui est associé aux coups de fouet de l’Égypte antique, aux champs de coton de Virginie ou aux enfants chinois exploités dans les usines des sous-traitants d’Apple… Ce n’est pas de ça que je parle.

À l’époque du Pentateuque, il existait une mesure similaire à l’esclavage, destinée aux Hébreux. Un homme ruiné pouvait se « vendre » comme esclave pour 6 ans. Une forme de contrat avantageux de 6 ans[9], renouvelable en CDI, qui permettait d’avoir un traitement décent, le gite et le couvert.

En ce moment, je fais du volontariat en Équateur. Je suis nourri, logé et blanchi, et en échange, j’offre mes compétences et mon énergie. Je suis persuadé qu’on pourrait développer une forme de volontariat en France, qui pourrait profiter, non seulement aux jeunes comme le service civique, mais à tous les plus démunis, et leur permettre ainsi de sortir de la misère.

Au lieu de créer des procédures compliquées de faillite personnelle, on pourrait aussi demander à la personne ruinée de travailler pendant quelques années pour son créancier en échange du gite et du couvert.

Assurément, il faut trouver un autre nom avant de le proposer en projet de loi. La sémantique de l’esclavage a un côté has been qui ne passera jamais devant les électeurs. Mais s’il n’y a plus que cet obstacle… Donnons aux plus démunis une manière de vivre décemment.

Loin de l’assistanat que nous voyons parfois dans notre société, la Bible prêche la responsabilité devant les inégalités. Et grâce aux lois de l’Ancien Testament, les uns ou les autres pouvaient se refaire pour pouvoir vivre correctement. Apprenons à pêcher à notre prochain, peut-être que demain, il sera un meilleur pécheur que nous !

La Bible a beaucoup à nous apprendre, pas seulement dans notre spiritualité dominicale. Politique, économie, pouvoir, management, la Bible est assurément aussi un livre pour hommes d’affaires ! Qui sont eux aussi, de grands pécheurs…

En plus de trouver exemples et astuces pour notre vie professionnelle, nous avons l’opportunité d’être satisfaits au-delà de nos espérances par la Parole de Dieu : nous avons accès à celui qui donne la Vie.

 

[1] http://www.alternatives-economiques.fr/pourquoi-les-riches-sont-ils-de-plus-en-plus-riches-et-les-pauvres-de-plus-en-plus-pauvres-mon-premier-manuel-de-pensee-critique_fr_art_1341_71030.html

[2] http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/08/13/des-riches-plus-nombreux-et-de-plus-en-plus-riches_4723697_823448.html

[3] Lévitique 25

[4] World Wide Opportunities on Organic Farm : Volontariat international dans des fermes biologiques

[5] Lévitique 19.9-10

[6] Toujours dans l’Ancien Testament

[7] http://www.fdesouche.com/605949-le-glanage-un-droit-ancestral

[8] Déclaration universelle des droits de l’homme, article 4

[9] Deutéronome 15.12, Exode 21

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