De l’engagement du Cap à la mission du CAC

Depuis 1974, trois grand congrès pour l’évangélisation du monde ont eu lieu : le premier à Lausanne, sous l’influence de John Stott (théologien) et de Billy Graham (évangéliste), le second à Manille, et le dernier en octobre 2010, à Cape Town. L’organisateur, le mouvement de Lausanne [1], y a réuni des milliers de leaders évangéliques du monde entier. Ils réfléchissent ensemble à la feuille de route et aux missions de l’Église pour atteindre le monde.

En 2010, le congrès a donné naissance à un document, appelé « l’engagement du Cap », composé d’une confession de foi, et d’un appel à l’action adressé aux responsables d’Église et aux leaders évangélique, pour « le monde que nous servons ». Dans cette seconde partie, le premier chapitre « témoigner de la vérité du Christ dans un monde pluraliste et globalisé », atteste de la volonté du mouvement de prendre en compte le milieu « laïc » dans l’évangélisation du monde.

Voici un extrait de ce chapitre. Il nous a paru bon de mettre certaines phrases-clefs en gras et de rajouter quelques notes de bas de page. Ces précisions ne figurent pas dans la version originale :

Le lieu de travail confronté à la vérité

La Bible nous montre la vérité de Dieu concernant le travail humain : il fait partie du bon dessein de Dieu dans la création[2]. La Bible place la totalité de notre vie de travail dans la sphère du service, parce que nous servons Dieu selon des appels différents. En revanche, le mensonge d’un « partage entre le sacré et le séculier » est devenu omniprésent dans la pensée et l’action de l’Église. Ce partage nous dit que l’activité religieuse appartient à Dieu, tandis que les autres activités ne lui appartiennent pas. La plupart des chrétiens passent la majeure partie de leur temps dans un travail auquel ils n’attribuent peut-être que peu de valeur spirituelle (le travail soi-disant séculier). Mais Dieu est Seigneur de toute la vie. « Quel que soit votre travail, faites-le de tout votre cœur, et cela par égard pour le Seigneur, et non par égard pour des hommes »[3], dit Paul à des esclaves de monde du travail païen.

En dépit des possibilités énormes d’évangélisation et de transformation que présente le monde du travail, où les chrétiens adultes entretiennent la plupart de leurs relations avec des non-chrétiens, peu d’Églises ont la vision d’équiper leurs membres pour qu’ils les saisissent. Nous n’avons pas considéré le travail en lui-même comme ayant une importance intrinsèque et biblique, tout comme nous avons échoué à placer la totalité de la vie sous la seigneurie du Christ.[4]

  1. Nous déclarons que ce partage entre le sacré et le séculier est l’un des principaux obstacles à la mobilisation de tout le peuple de Dieu dans la mission de Dieu et nous en appelons aux chrétiens du monde entier pour qu’ils rejettent cette idée toute faite qui n’est pas biblique et qu’ils résistent à ses effets dommageables. Nous mettons en question la tendance à considérer le service et la mission (tant localement que de façon transculturelle) comme relevant principalement du travail de responsables d’Église et de missionnaires payés par l’Église, qui constituent un faible pourcentage du corps de Christ pris dans son ensemble.
  2. Nous encourageons tous les croyants à accepter et à affirmer que tout travail auquel Dieu les a appelés, quel que soit l’endroit, constitue leur propre ministère et mission journaliers. Nous interpellons les pasteurs et les responsables d’Église pour qu’ils soutiennent les personnes engagées dans de tels services – dans la communauté et le monde du travail – « pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service » – dans toutes les parties de leur vie.
  3. Nous devons faire des efforts intensifs pour former tout le peuple de Dieu à vivre une vie de disciple couvrant la totalité de la vie, c’est-à-dire vivre, penser, travailler et parler depuis une vision du monde biblique et avec une efficacité missionnaire en tout lieu et en toutes circonstances de la vie et du travail quotidiens.

Les chrétiens dotés de toutes sortes de savoir-faire, commerces, affaires et professions peuvent souvent aller là où ne peuvent souvent aller les implanteurs d’Église et les évangélistes. Ce que font ces « faiseurs de tente »[5] et hommes d’affaires[6] dans le monde du travail doit être apprécié comme un aspect du ministère des Églises locales.

  1. Nous exhortons vivement les responsables d’Église à comprendre la portée stratégique du ministère sur le lieu de travail et à mobiliser, équiper et envoyer les membres de l’Église comme des missionnaires dans le monde du travail, à la fois dans leur propre communauté locale et dans des pays qui sont fermés aux formes traditionnelles de témoignage évangélique.
  2. Nous exhortons vivement les responsables de mission à intégrer à part entière les « faiseurs de tentes » dans la stratégie missionnelle mondiale.

Cet extrait est consultable en anglais ici, mais vous pouvez aussi trouver le livre en français en version papier, édité par BLF sous la direction du CNEF(2011). Un bon résumé se trouve sur le site des Églises CAEF.

Nous vous encourageons à vous intéresser à ce mouvement de Lausanne ; il est capital pour comprendre la stratégie actuel de l’Église évangélique mondiale. Surtout, faisons connaître à nos responsables d’Église cet engagement du Cap.

Vous l’avez compris, le CAC trouve parfaitement sa place dans cette vision. Loin de nous substituer aux Églises locales dans ce ministère, nous voulons les encourager, les aider, les servir. Ensemble, il est urgent de réaliser que là où il est , chaque chrétien est un missionnaire.

[1] Appelé ainsi en référence au premier congrès qui a eu lieu à Lausanne

[2] Le travail est fondamentalement bon, il existait avant la chute !

[3] Colossiens 3.23

[4] Les rédacteurs  font mention dans ce paragraphe des lacunes de l’Église à ce sujet. Ils tenaient à les confesser publiquement avant de s’engager à nouveau.

[5] Expression qui fait référence à Paul, qui a utilisé son travail – il fabriquait des tentes – pour servir Dieu avec Aquilas et Priscille. Il exerçait son ministère apostolique dans le même temps : Actes 18.1-4.

[6] C’est nous, c’est nous !

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