La prière de l’homme d’affaire

« Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler, à bien l’employer sans rien en perdre.
Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.

Apprends-moi à prévoir le plan et le budget sans me tourmenter, à imaginer l’oeuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.

Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.

Aide-moi au départ des affaires, là où je suis le plus faible. Aide-moi au cœur des affaires, à tenir serré le fil de l’attention. Et surtout, comble toi-même les vides de mon œuvre, Seigneur !

Dans tout le labeur de mes mains, laisse une grâce de toi pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même.

Garde en moi l’espérance de la perfection, sans quoi je perdrais cœur. Garde-moi dans l’impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d’orgueil.

Aide-moi à à repousser la médiocrité et à aimer la difficulté qui me fait progresser et m’améliorer.

Conduis-moi quand je donne des directives, afin qu’elles soient justes et que je n’abuse pas de mes fonctions. Conduis-moi quand je reçois des ordres afin que j’obéisse avec simplicité de cœur, pour plaire au Seigneur.

Purifie mon regard : quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal, et quand je fais bien il n’est pas sûr que ce soit bien. Donne-moi la sagesse afin de discerner l’un et l’autre.

Aide-moi à bien gérer les biens que tu me prêtes pendant ma vie terrestre. Apprends-moi la libéralité comme le contentement, afin que si je reçois beaucoup, je n’ai rien de trop, et si je reçois peu, je ne manque pas.

Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain sauf là où il y a du travail, et que tout travail est vide sauf là où il y a de l’amour, et que tout amour est creux qui ne me lie aux autres et à toi, Seigneur !

Enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces. Rappelle-moi souvent que mes affaires t’appartiennent et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant, que si je fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l’automne : que si je le fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l’herbe je fanerai au soir ; mais si je le fais pour l’amour du bien, je demeurerai dans le bien ; et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite.
Amen. »

Cette prière a été largement inspiré de la prière de l’artisan qui date du Moyen Âge, tirée de Vivre en Chrétien aujourd’hui, p590